le roi refuse la démission d’yves leterme
Alors que le 21 juillet approche à grand pas, notre premier ministre chéri ( ou pas ) avait annoncé lundi sa démission au Roi des Belges aka Albert II. Nous en avions d’ailleurs discuté ensemble ici.
Ce jeudi, le palais royal a invité le gouvernement actuellement en place à poursuivre sa mission et à « promouvoir au maximum » les chances d’un dialogue institutionnel. Pour favoriser ce dernier, le chef de l’Etat a nommé trois médiateurs qui lui feront rapidement rapport dans deux semaines sur « les garanties » quant au fait que cette discussion entre Flamands et francophones pourra commencer « d’une manière crédible ».
En même temps fallait s’y attendre !
Que ce crétin annonce sa défaite est une chose, mais pas 3 jours avant la deadline. C’est il y’à quelques mois déjà qu’il aurait du le faire quand il à pris son pouvoir.
Les trois personnalités, au profil de « sages » bilingues, sont issues des trois principales familles politiques francophones et de trois régions. Le libéral François-Xavier de Donnea est bruxellois et a été le président de cette région. Le centriste chrétien Raymond Langendries, ancien président de la Chambre des députés, est wallon. Le socialiste Karl-Heintz Lambertz dirige la petite communauté germanophone.
Le trio ne comporte aucun Flamand parce que le parti d’Yves Leterme avait exigé que, cette fois, des francophones soient invités à prendre des initiatives en vue d’un dialogue institutionnel. Outre M. Leterme, qui a échoué trois fois en un an dans ses tentatives de lancer une telle discussion, le CD & V (chrétien-démocrate flamand) avait mobilisé en vain l’ancien premier ministre Jean-Luc Dehaene et Herman Van Rompuy, actuel président de la Chambre des députés.
« RÉSERVE » ET « SCEPTICISME »
Les députés et cadres du CD & V en ont conclu que les francophones refusaient en réalité de négocier. Après la nouvelle initiative royale, la direction du parti se montre plus que prudente. Elle a immédiatement indiqué que le gouvernement ferait preuve de « réserve » jusqu’à la remise du rapport des « sages ». La Nouvelle Alliance flamande, parti indépendantiste associé au CD & V, a fait savoir son « scepticisme ».
La décision royale apparaît, en réalité, comme la seule possible dans un contexte politique très difficile. Le CD & V, dont la puissance électorale le rend incontournable, avait indiqué que M. Leterme resterait en tout état de cause son leader. Mais, parallèlement, le parti demandait que s’ébauche une véritable négociation institutionnelle, avant laquelle les francophones seraient invités à démontrer leur bonne volonté.
A ce stade, rien ne paraît avoir changé dans l’attitude des uns et des autres, d’autant que le parti du premier ministre a formulé une nouvelle exigence : s’il veut un dialogue entre régions, celui-ci doit, affirme-t-il, se dérouler sans Bruxelles qui n’est pas, à ses yeux, un organe de pouvoir « à part entière ». Soutenu par son homologue wallon, le président régional bruxellois, Charles Picqué, a répondu de manière imagée à ce point de vue : « Si c’est sans nous, qu’ils aillent se faire f… »
